Jean-Claude Marguerite

littérature et photographie

Category: Édition numérique

11 Novembre

Voici l’une de mes plus anciennes photos, le défilé du 11 Novembre, alors que je devais avoir 16 ans. Jusque-là, je défilais aussi d’un monument aux morts à l’autre (celui de ma commune, celui d’une autre, mitoyenne) avec tous les écoliers. J’étais depuis le 1er avril correspondant de presse (je deviendrai auxiliaire de rédaction à Ouest-France quelques années plus tard, également un 1er avril, à un poste où me succèdera Michel Onfray).
Il était impossible d’ignorer les guerres. Sur un des côtés du « champ de foire » que traversaient ces survivants, l’école, sur un autre, les baraquements en bois des réfugiés qui ont rejoint le village après les bombardements de la Libération, dont mon père qui a longtemps trouvé abri dans une maison sans toit.
J’ai mis des années à écrire Le Fou de Dieu, marqué par la citation que j’ai reproduite de notre curé: « Dieu, dans Sa folie, a laissé l’homme libre. » C’est la seule nouvelle que j’ai diffusée (en numérique, gratuite, dont une version en grands caractères), où je mets en scène un jeune poilu qui s’extraie de la folie des tranchées en se rêvant écrivain, et que la réalité rattrape.

Un roman addictif: La Vaisseau ardent

« Le Vaisseau ardent (T1, Le Pirate Sans Nom) est un livre addictif, et passionnant, avec des personnages touchants et attachants. »

Tel est, en résumé, l’avis de Mickaeline, qui livre également quelques citations, dont ces extraits (à propos de la commande passée à l’Ivrogne d’un livre sur la piraterie)…

Le livre devait abonder dans le genre, l’éditeur ne visait ni l’originalité ni la vraisemblance, mais la mise en scène d’une panoplie d’archétypes sur fond d’horizons lointains – au lecteur de suppléer à la pauvreté du texte par les images puissantes de son cinématographe personnel.

Mais, bon… Un pirate qui pleure, ça prête à rire. 

J’ai une pire idée : l’amour. Ça marche à tous les coups – et ceci est une vérité historique : tant de grands desseins sont nés du vaudeville…

Et puis, petit plaisir, après avoir eu deux superbes couvertures des éditions papier, ce commentaire sur la version numérique que j’ai composée en reprenant le tableau qui m’a accompagné pendant l’écriture de ce premier roman.

« Je reconnais que cette couverture m’intriguait au plus haut point. Elle laisse planer un certain mystère, que j’avais vraiment envie de percer. »

Aurais-je raté ma vocation ? (podcast)

Selon Neil Jomunsi*, j’ai raté ma vocation, celle d’homme-orchestre. C’est du moins ce qui ressort de la présentation de l’entretien-promenade qui s’est déroulé dans les allées du cimetière du Père-Lachaise à Paris. Pourquoi ce cimetière ? Pourquoi homme-orchestre ? Tout est dit dans ce podcast, un peu moins d’une heure sur la littérature, la photo, la musique, le dessin, l’édition, les enfants…

Jean-Claude Marguerite a raté sa vocation d’homme-orchestre, mais continue de toucher à tout : écrivain, journaliste, publicitaire, photographe, il est notamment l’auteur de deux romans, « Le Vaisseau Ardent » (Denoël) et « Conte de la plaine et des bois » (Les Moutons Électriques). Avec lui, je remonte les allées du Père-Lachaise pour causer écriture, lumière et temps qui passe.

Sur la photo, voir celles du statutaire féminin du Père-Lachaise, celles des affiches altérées du métro parisien.

  

 

*(éditeur Walrus, blogueur page42.org, et nouvelliste marathonien du projet Bradbury), Neil Jomunsi propose désormais Pod42, “le podcast où pendant une heure, on parle de tout et de rien avec celles et ceux qui font la culture, et c’est très bien comme ça.”

#VendrediLecture

En ce vendredi 27 février, deux évènements.

D’abord, un partenariat sur Twitter avec #VendrediLecture. Confiez-leur votre lecture en cours, et vous recevrez peut-être Le Vaisseau ardent et Le Fou de Dieu

Ensuite, l’opération “tous lire” aura un mois – j’ai commencé à diffuser Trois contes fin janvier. Ce recueil est un test grandeur nature de réécriture et de présentation des contes traditionnels pour les enfants qui ont du mal à lire ou qui n’aiment pas lire.

Les deux événements sont liés. J’ai dédié Le Vaisseau ardent aux enfants des rues. Je ne l’aurais pas écrit si je n’avais pas été révolté par le sort de ces enfants privés d’enfance. Dans ce roman, j’ai transposé leur condition dans un autre siècle, et leur utopie dans une autre dimension. “tous lire” est issu de la même “indignation”. Je ne peux pas me résoudre à accepter qu’on me rétorque que les enfants qui ont du mal à lire n’ont qu’à s’adapter. Comme si leur tendre la main les dispensait d’efforts. Comme si ne pas leur tendre la main ne revenait pas à en dissuader de lire.  Lire ne peut pas rester un privilège.

 Les enfants ont plus besoin de guides pour lire que pour marcher.

Plutarque

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Du temps ! Donnez moi du temps !!!

Désolé de laisser ce blog inactif depuis des mois… Les rares fois où je m’aventure encore dans le dédale des couloirs du métro parisien, j’ai si peu de temps que je ne photographie presque plus… J’ai bien récolté quelques images pittoresques, mais rien qui sorte de l’anecdotique.

En revanche, je puis vous signaler la sortie du mon roman, Le Vaisseau ardent, en eBook (2 tomes à 6,99€, sans DRM).
Pour en savoir plus, cliquer sur ce lien

Quelle liseuse pour Noël ?


En marge des débats sur les DRM (avec ma petite contribution, puisque Le Vaisseau ardent a servi d’exemple à la démonstration de leur inefficacité – je n’en souhaitais pas), ou sur le prix des éditions numériques (voir ici et les analyses sur la répercussion de la part revenant à l’auteur), je m’interroge sur les freins à la lecture numérique.

Or me voilà bien peu qualifié pour présenter mes idées, puisque mon expérience est très limitée en la matière : je n’ai pas de liseuse (ou eBook, si vous voulez).

Et pourquoi ? Je m’y suis intéressé dès l’an 2000 (photo)… Je passe mes journées le nez pointé vers deux écrans d’ordinateur, et mes nuits vers celui de mon portable. Si je lis volontiers des news, je n’arrive pas à me lancer dans la lecture d’un livre. Peut-être, justement, parce que ce n’est pas un livre, mais un texte sur écran. Cette remarque ne dévalue en rien le texte (qu’il soit imprimé ou lu ne lui confère pas plus de noblesse), mais caractérise son support : l’écran et sa machinerie.

Quand j’ouvre un livre imprimé, j’ai un contact physique et sensoriel avec l’objet (voir aussi ceci). Peu importe son contenu, je ne parle ici que de son contenant. Je renifle les livres de poche et cette odeur d’encre et de papier me ramène à mes premières lectures, celles qui ont conditionné le plaisir associé à la promesse de lecture… J’ai reniflé mon iPhone (je sais, c’est petit), sur lequel j’ai lu quelques nouvelles. Bof.

Côté liseuses (je ne les ai pas toutes essayées, mais j’ai bien regardé…), l’expérience ne me semble pas plus concluante. À peu d’exceptions près (et ceci n’est qu’une formule), leur design relève de la calculatrice de supermarché, leur interface me rappelle le Minitel. Qui tient sa liseuse éteinte en savourant d’avance ce moment intime de retrait du monde qu’est une lecture ?

En disant cela, je me souviens des premiers iMac (les colorés). Lorsque je suis allé les voir en boutique, j’ai reculé pour jouir du spectacle des curieux : tout le monde souriait. C’était la première fois que je voyais tant de gens sourire en regardant un outil. Moi qui garde à portée de main des livres que je n’ai pas relus depuis trente ans, mais qui me sont nécessaires, ce sourire m’a parlé.

L’iPad a ce côté « magique » (pour reprendre le premier axe publicitaire d’Apple) : c’est un bien bel objet, qui fait liseuse (on passera vite fait sur le fait que le logiciel de lecture d’Apple ne sache pas gérer les DRM de chez Adobe – j’utilise Bluefire pour passer outre cette limitation). Et c’est bien là que le bât blesse (pour moi). Je souhaite un contact privilégié avec ma liseuse, qui soit synonyme de lecture (de plaisir). Or les tablettes sont des terminaux de consultation réellement multimédia : du texte, certes, mais aussi : blogs, réseaux sociaux, forums, galeries photos, clips, vidéos et télé… J’ai déjà ce tic détestable (mais bien agréable) de fureter sur la toile dès que le besoin d’une pause se faire sentir (souvent, pas longtemps, mais souvent). J’ai peur de céder aux sirènes d’une consommation passive – quand je lis un livre imprimé, à chaque page tournée ou fin de chapitre, mon attention se détache du texte pour y revenir. Cette pause fait partie intégrante de la lecture, elle me permet d’assimiler, de savourer… Je souhaite ne pas être sollicité, que ma liseuse ne m’incite pas à m’extraire du texte… Bref, la tablette fait aussi liseuse, ce qui convient à d’autres, mais pas à moi…

Alors, en attendant de succomber aux charmes de la prochaine génération de tablette (sérieusement, je ne vois pas d’annoncé de meilleur support dédié), je me dis que je devrais craquer pour une « stricte » liseuse… Or là, je tombe des nues. Que c’est cher pour tenter l’expérience ! Car si j’envisage le budget (il faut bien garder des sous pour acheter les éditions numériques), c’est de 20 à 30 livres de poche que je ne lirais pas… Juste pour voir ?

Bref, je passe mon tour. Pas de liseuse pour moi à Noël…