Été 2019, me voilà de retour au cimetière du Père-Lachaise, aux portes duquel j’ai habité dans les années 2000. Au printemps, deux revues venaient de publier un portfolio des photos que j’avais alors réalisées sur le statuaire féminin. Et, lors d’une interview, j’ai répondu que je n’y retournerais pas pour poursuivre mon travail. J’ai parlé trop vite, j’ai eu envie de parcourir à nouveau ces allées (mais, cette fois, en venant par la place Gambetta). Et, plutôt que de me promener au gré de l’inspiration, j’ai décidé d’arpenter méthodiquement ses 44 hectares de tombes. Tout en me faisant la promesse de revenir au fil des saisons.
Bien m’en a pris. Même si j’enrage de ne pas compter, pour cent pleureuses, un seul pleureur, la thématique féministe qui a initié ma démarche ne rend pas compte de la diversité et de l’incroyable richesse de la figuration féminine.
En revanche, comme la première fois, j’ai adopté une contrainte technique, mais dans un autre but. Je m’étais imposé le 6×6 pour la patience qu’il exigeait. Au Père-Lachaise, je n’utilise qu’un objectif, dit standard, le 50 mm. Parce que sa perspective s’accorde avec notre vision, et que ce que je montre, chacun peut le voir – il suffit de s’approcher, de se pencher un peu.
L’ambition de ce projet est d’inviter à une promenade attentive. À flâner sans garder les yeux dans sa poche. Et aussi à s’interroger sur le regard que chacun de nous porte sur deux siècles de représentation des femmes.

En voici  quelques premières images…

Buste d'homme

Aperçu de cinq des thématiques développées : pleureuses, sensuelles, surprisesles trois âges, madones.

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