Jean-Claude Marguerite

littérature et photographie

Le Vaisseau ardent : souvenir d’éditeur

Paru voici près de dix ans, Le Vaisseau ardent fait encore parler de lui. Gilles Dumay, son éditeur, s’en souvient sur le blog de sa nouvelle collection :

Dans une vie d’éditeur il y a des moments à part, des découvertes qui marquent et qui subliment ce métier.
Je me souviens de l’aventure éditoriale du Vaisseau ardent de Jean-Claude Marguerite ; projet fou (1568 pages en poche !) autour de la piraterie, de l’utopie, incroyable réinvention du mythe de Peter Pan.

Aventure d’autant plus folle que je ne lui avais présenté “que” quelques centaines de pages, le manuscrit n’étant pas achevé, même si j’en avais la trame.


The Women of the Père-Lachaise

La revue Loenke magazine vient de publier une interview à propos de mon travail photographique sur le statuaire féminin du cimetière parisien du Père-Lachaise.

“It seems to me that this is the essence of photography, containing a singular element that modifies the perception of what is represented. “

Femmes du Père-Lachaise, portfolio

La revue L’Œil de la photographie publie  Les femmes du Père-Lachaise (ici dans sa version anglaise), un portfolio de mon travail photographique sur le statuaire féminin du cimetière parisien. Par le témoignage involontaire du regard que nous portons sur les femmes de génération en génération, au contraire de leurs homologues masculins où la vanité prédomine, ces sculptures touchent à l’intemporel.

Femmes du Père-Lachaise

Quelques autres photographies tirées de ce travail.

 

“Voilà ce que j’ai vu, le ressens-tu ?”

Certes, le pouvoir d’interpellation des photographies de Sebastião Salgado, actuellement dans l’exposition « Déclarations », me touche d’autant plus que nos filles sont, comme lui, Brésiliennes. La plupart des clichés ont été pris au Brésil ou en France, et se rapportent aux migrants et à la pauvreté paysanne, quelques-unes aux mutations industrielles.
Pas une image qui ne transmette un choc, qui ne pousse à s’interroger au-delà de l’esthétique théâtrale d’un noir et blanc savamment développé. L’émotion suscitée se grave dans les confins de la mémoire, Salgado sème des messages durables par sa maîtrise combinée du cadrage (l’on croirait parfois des mises en scène) et le choix réfléchi du sujet (il travaille par thèmes, s’y investit sur le long terme). Pas d’effet gratuit, pas de recours au misérabilisme, un regard juste. Qui implique le spectateur, qui le sollicite, qui le marque, le sensibilise. Peut-être qu’un Tweet ou qu’une scène en boucle sur une chaîne d’information continue le touchera davantage parce qu’il éveillera une indignation confuse, inscrite, incrustée en lui grâce à ces photographies.
Que de grands tirages en noir et blanc chatouillent nos consciences alors que jamais nous n’avons produit et consommé autant d’instantanés a quelque chose de réconfortant. Et d’incitatif. L’exposition temporaire, l’album offert à Noël, voire le grand reportage photographique des magazines dans les salles d’attente, conservent (ou gagnent, par opposition) une influence morale. Parce que le témoignage transmis ne s’adresse pas à la seule raison, qu’il touche le tréfonds de notre conscience, qu’il est moins question de données ou de statistiques, qu’il s’impose comme une affaire d’homme à homme – Voilà ce que j’ai vu, le ressens-tu ?

La tête dans les nuages (série photographique)

En quête d’émerveillement, j’ai la tête dans les nuages, au sens photographique du terme. Je ne sors plus sans emporter de quoi voler un coin de ciel bleu. Ainsi, en allant chercher du pain…

Vous pouvez me suivre sur Instagram.

Ce qui est remarquable, c’est l’évolution extrêmement rapide du ciel. Le temps de faire vingt mètres, la disposition n’est plus la même, ni la netteté des traces des réacteurs. Voici deux autres images, qui ont précédé de peu celle-ci : les croix évoluent, le petit nuage également.

50 chefs-d’œuvre du Fantastique et de la Transfiction

Le Vaisseau ardent figure dans le classement des 50 chefs-d’œuvre du Fantastique et de la Transfiction de justaword.

« Partez explorer des contrées étranges et perdez-vous dans les interstices avec la Bibliothèque idéale du Fantastique et de la Transfiction. Si vous ne savez pas où aller et que les genres vous ennuient, si les étiquettes vous pèsent et que vous cherchez de nouveaux territoires à explorer, alors embarquez-vous dans un voyage où plus rien n’est réel… ou presque ! »

Contes de la plaine et des bois : le graphiste

La (très belle) couverture de Conte de la plaine et des bois a été créée par Melchior Ascaride, à l’honneur cette semaine dans Télérama.

L’image, sans le texte…

Et le judicieux positionnement de celui-ci…

11 Novembre

Voici l’une de mes plus anciennes photos, le défilé du 11 Novembre, alors que je devais avoir 16 ans. Jusque-là, je défilais aussi d’un monument aux morts à l’autre (celui de ma commune, celui d’une autre, mitoyenne) avec tous les écoliers. J’étais depuis le 1er avril correspondant de presse (je deviendrai auxiliaire de rédaction à Ouest-France quelques années plus tard, également un 1er avril, à un poste où me succèdera Michel Onfray).
Il était impossible d’ignorer les guerres. Sur un des côtés du « champ de foire » que traversaient ces survivants, l’école, sur un autre, les baraquements en bois des réfugiés qui ont rejoint le village après les bombardements de la Libération, dont mon père qui a longtemps trouvé abri dans une maison sans toit.
J’ai mis des années à écrire Le Fou de Dieu, marqué par la citation que j’ai reproduite de notre curé: « Dieu, dans Sa folie, a laissé l’homme libre. » C’est la seule nouvelle que j’ai diffusée (en numérique, gratuite, dont une version en grands caractères), où je mets en scène un jeune poilu qui s’extraie de la folie des tranchées en se rêvant écrivain, et que la réalité rattrape.

Noir & blanc, question tortueuse…

Depuis que je photographie en numérique, je vois tout en couleurs. Avant, je choisissais quel type de film j’allais placer dans mon appareil ; dès lors, je convertissais mentalement en nuances de gris. Ce n’est plus le cas, et d’autant moins que je « travaille » plus au smartphone qu’avec un réflex, je regarde l’écran en couleurs. Or, voilà que le noir et blanc me tente de nouveau*, et je me sens floué.
Ce n’est pas un mal. En fait, l’argentique m’économisait une réflexion, la chose étant décidée. Techniquement, il me semble que les capteurs pourraient proposer l’alternative couleurs/N&B – ce qui analyse le bleu se consacrant (par exemple) aux basses lumières, le rouge aux hautes, le vert aux nuances intermédiaires (il existe un Leica numérique dédié au noir et blanc).
En fait, la démarche n’est pas si difficile, j’étais peut-être un peu rouillé… L’éclat n’a pas à être le même, la notion de contraste diffère. Par ailleurs, le capteur restituant malgré tout une image en millions de couleurs, il faut passer par la post-production, et cette étape laborantine a peut-être du bon (à condition de ne pas consulter l’écran du smartphone autrement qu’en tirages de lecture, de s’accorder le temps de passer à celui de l’ordinateur). Parce que l’automatisation à tout crin nous incite à la précipitation, à l’immédiateté. La photo a beau être la chasse de l’instant, et exiger ainsi une rapidité instinctive, elle résulte d’une patiente et obstinée observation.

* après avoir regardé le film de Win Wenders, Le Sel de la terre, sur Sebastião Salgado, puis Koudelka Shooting Holy Land sur Arte.

Dans les cales du Vaisseau ardent…

Grand plaisir : découvrir que le Vaisseau ardent est entré dans l’imaginaire de lecteurs…

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