J’ai entrepris ce sujet en hommage à mon père. Sur la route qui va de la gare à ma maison d’enfance, cinq éoliennes ont été édifiées ces dernières années. Nous nous étions promis d’aller au pied de l’une d’elles pour écouter. Nous avons remis ce projet, dont nous parlions chaque fois qu’il venait me chercher.
Près d’un an après son décès, j’ai eu envie de le faire. Mais je suis allé ailleurs, bien que pas très loin. Je venais en voiture, dorénavant, j’ai modifié mon trajet pour exaucer ce vœu. Et puis, je me suis rendu sous l’une d’elles, pour écouter.
Depuis, chaque fois que je reviens, je multiplie détours.

Crucifix et éoliennes. Échauffour (61).

Gasprée, sur la route d’Aunou sur Orne (61)

Éoliennes de Sevrai, mais aussi celles de Rânes, vues de la plaine d’Argentan (61). La tête de taureau formée par les nuages semble souffler sur les deux sites.

J’aime la majesté de cette figure, bras levés, si haute, si pâle. Je cherche l’harmonie de ces excroissances qui interrompent l’horizon, ce n’est pas facile. Nos paysages sont envahis de fils électriques, de châteaux d’eau, maintenant d’éoliennes, bientôt plus de poteaux téléphoniques. Ces élancées modernes m’ont toujours fascinées, au même titre que les branches spectrales arbres morts ou les ramures hivernales, et les clôtures qui furent mon premier sujet, quand j’étais adolescent. Et les crucifix, qui se raréfient et que nous saluions d’un signe de croix, à pied, à vélo ou en voiture.

Éoliennes d’Argentan (61), au pied desquelles nous devions nous rendre.

Éolienne de Gasprée (vue d’Aunou sur Orne).

Je ne partage pas l’enthousiasme que leur multiplication éveille chez la plupart des écologistes, le bilan énergétique comme la pollution devant s’entendre globalement. Je préfère les thèses de décroissance, même si j’apprécie le confort lié à cette abondance d’énergie.

 

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