Jean-Claude Marguerite

littérature et photographie

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“Voilà ce que j’ai vu, le ressens-tu ?”

Certes, le pouvoir d’interpellation des photographies de Sebastião Salgado, actuellement dans l’exposition « Déclarations », me touche d’autant plus que nos filles sont, comme lui, Brésiliennes. La plupart des clichés ont été pris au Brésil ou en France, et se rapportent aux migrants et à la pauvreté paysanne, quelques-unes aux mutations industrielles.
Pas une image qui ne transmette un choc, qui ne pousse à s’interroger au-delà de l’esthétique théâtrale d’un noir et blanc savamment développé. L’émotion suscitée se grave dans les confins de la mémoire, Salgado sème des messages durables par sa maîtrise combinée du cadrage (l’on croirait parfois des mises en scène) et le choix réfléchi du sujet (il travaille par thèmes, s’y investit sur le long terme). Pas d’effet gratuit, pas de recours au misérabilisme, un regard juste. Qui implique le spectateur, qui le sollicite, qui le marque, le sensibilise. Peut-être qu’un Tweet ou qu’une scène en boucle sur une chaîne d’information continue le touchera davantage parce qu’il éveillera une indignation confuse, inscrite, incrustée en lui grâce à ces photographies.
Que de grands tirages en noir et blanc chatouillent nos consciences alors que jamais nous n’avons produit et consommé autant d’instantanés a quelque chose de réconfortant. Et d’incitatif. L’exposition temporaire, l’album offert à Noël, voire le grand reportage photographique des magazines dans les salles d’attente, conservent (ou gagnent, par opposition) une influence morale. Parce que le témoignage transmis ne s’adresse pas à la seule raison, qu’il touche le tréfonds de notre conscience, qu’il est moins question de données ou de statistiques, qu’il s’impose comme une affaire d’homme à homme – Voilà ce que j’ai vu, le ressens-tu ?

Affiches : la rébellion n’est pas morte

Mes rares fréquentations du métro parisien ne suffisent probablement pas à expliquer pas mon désintérêt pour ses affiches, et leurs énigmes. Preuve en est le plaisir ressenti d’être interpellé non pas par le regard d’une passante, mais par cet œil et ce demi-sourire qui ont survécu aux déchirures, et qui m’invitent à m’arrêter, à prendre du retard sur mon rendez-vous, à témoigner que malgré les apparences la rébellion n’est pas morte : la publicité se lézarde, ses stéréotypes bricolés s’évadent. Parisiens, vous n’êtes plus seul dans le métro !

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Contagion

Mélancolie contagieuse ? Et si les murs se mettaient à amplifier les émotions concoctées par les publicitaires… #monde #terrifiant

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Attente, nostalgie, chaleur…

Attente, nostalgie, chaleur… Ces mots, à peine formulés, m’ont convaincu de m’attarder sur cette rencontre, mais ils ne se sont agencés en image et non en phrases. Mais peut-être y reviendrais-je…

Série

Ce qui m’a incité à m’intéresser aux altérations des affiches du métro, ce sont les « mutilations » à répétition. La première fois, elles concernaient Roland Barthes, ce qui faisait particulièrement sens…
Voici peu, un inconnu (je ne sais plus de quelle publicité il s’agissait) a fait les frais d’une telle opération – mais avec des résultats divers… Continue reading

Toujours à l’œil…

Pour cette rétrospective désordonnée et non exhaustive de mes photos d’affiches du métropolitain parisien (prises lors de mes déplacements obligés, ce qui ne me laisse, hélas !, plus le temps de musarder, alors qu’il y a tant et tant à voir…), ce cliché s’impose.

À suivre.

 

Regard déchiré, main sur l’épaule

Belle superposition de deux affiches, l’une en noir et blanc, l’autre en couleurs, d’un homme et d’une femme, pour un portrait recomposé (pas pris de face, afin de forcer légèrement la perspective pour grossir la tête et étendre l’œil écorché).

Le regard bleu


Un simple regard…

Une bonne journée

Hier, donc, un peu de temps libre (ce qui ne m’est guère arrivé ces dernières semaines*). D’où ces quelques images, de remise en train…

* faut dire qu’un peu de temps libre à Paris, tout le monde ne l’entend pas à fureter dans les dédales du métro, surtout par un beau soleil printanier… mais, pour le morale, ce fut génial 🙂

Bonne pioche ! (maquillage)


Deuxième morceau choisi d’affiche, cette étrange métamorphose a stoppé ma course folle des correspondances…

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