La pluie n’aura pas duré dix minutes, en pleine vague de chaleur de cette fin juillet. Les trottoirs s’assèchent déjà. Mais les caniveaux débordent, ce peu d’eau tarde à s’évacuer. Cela fait une demi-heure que l’averse a cessé. 
Comme une proportion importante de mes images de la série, j’ai pris cette photo à quelques dizaines de mètres de chez moi, pour un déplacement si bref et banal que je n’avais emporté mon téléphone. Mon rendez-vous a duré plus que prévu, à mon retour, ce serpent d’eau s’était résorbé de moitié seulement.

Serpent d’eau. Région parisienne, 30 juillet 2026.

Serpent d’eau. Région parisienne, 30 juillet 2026.

On concentre notre attention sur les gaz à effet de serre, mais l’adoption de véhicules propres ne changera rien à l’artificialisation des voies de circulation. Ni à leur volume. Avec des conséquences sur la température, l’assèchement du sous-sol urbain, les inondations ponctuelles ou brutales. 
Lorsque j’ai écrit mon premier livre, Sauver le bocage, voici déjà un demi-siècle, je tentais d’alerter les agriculteurs sur le rôle des haies dans la préservation des nappes phréatiques. Nous savions l’importance de cet enjeu. Mais, l’avantage immédiat étant le seul retenu, on a détruit le système agraire de nos campagnes et bitumé nos moindres rues. Fous que nous sommes !