Juste en bas de mon immeuble, il y a ce carrefour de deux rues, dont une devient étroite, véritable goulot d’étranglement, que compliquent un arrêt de bus, une entrée de parking et un sens unique. Le tout dessert un hôpital et un RER. Au sol, tout est bien indiqué, que l’on roule ou que l’on marche, l’itinéraire est clairement tracé.
Abondance ne nuit pas, dit-on, mais ici, tout le monde peste. D’autant que les passages piétonniers obligent à un détour, sans garantie de visibilité et donc, de sécurité. Nous sommes nombreux à traverser selon une ligne de désir qui n’est pas sans risques.

Désobéissance civile. Région parisienne, 13 février 2023
C’est une situation commune. Qui se plie, du moins dans nos contrées, aux consignes des passages piétons ? Je les ai enseignées à mes enfants, les contraignant même à s’assurer que les voitures respectaient les feux, mais je leur ai démontré le contraire à maintes reprises. Ce faisant, je les ai soumis à cette contradiction : suivez les règles (on a peint le sol à cet effet), mais pas toujours.
Ainsi, d’un côté, nous avons tout un dispositif réglementaire dûment signalé, et puis notre impatience qui s’en affranchit. Théorie et pratique.
Le sujet serait banal si traverser comme bon nous semble ne mettait pas nos vies en jeu – les nôtres, celles des enfants qui nous imitent.
Le sujet n’en serait pas un, non plus, si théorie et pratique privilégiaient le piéton sur l’automobile.
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